En deçà de l’hybridité prothétique : de l’intrusion à l’incorporation. Une analyse des modalités relationnelles entre les objets techniques et les personnes

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Résumé
Partant d’une critique de l’usage extensif de la notion de prothèse, je réinterroge la question des relations entre les objets techniques et les personnes. Plus précisément, je pose deux questions : « Ces objets techniques sont-ils d’emblée et toujours des prothèses ? et « Les relations que nous nouons avec ces objets produisent-elles des qualités distinctives pour les personnes ? » Tout en m’inscrivant dans une approche issue de la sociologie des sciences et des techniques, je déplace mon attention des processus à travers lesquels les relations aux objets sont définies à la nature des relations. Cette analyse est basée sur une enquête ethnographique sur l’usage du fauteuil roulant. Je décris ainsi cinq modalités relationnelles : l’intrus, l’outil d’accessibilité, l’instrument d’une transformation corporelle, l’appropriation formelle et l’appropriation matérielle. Chacune définit le statut du fauteuil et les qualités de la personne. Cette analyse me permet de discuter la notion de prothèse.

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A propos de Myriam Winance

Myriam Winance est sociologue à l’INSERM (Institut National de la santé et de la Recherche Médicale). Elle est rattachée au CERMES3 (Centre de Recherche, Médecine, Sciences, Santé, Santé mentale, Société). Dans ses recherches, elle s’intéresse à la manière dont la notion de handicap est définie, dans notre société, à travers d’une part les politiques et dispositifs institutionnels, et d’autre part, les pratiques et l’expérience des personnes. Ses travaux s’inscrivent à l’articulation d’une sociohistoire politique du handicap, de la sociologie de la santé et de la sociologie des sciences et des techniques. Ils interrogent les notions de personne, de corps, de handicap, de soin. Dans ses précédents travaux, elle s’est intéressée à l’interaction entre la personne et le fauteuil roulant. Puis, son attention s’est portée sur l’évolution des politiques du handicap, notamment en France, et des modèles conceptuels du handicap. Actuellement, ses recherches portent sur l’histoire des pratiques de soin, et des modalités d’organisation de ces pratiques, destinées aux personnes atteintes de handicaps rares ou de polyhandicap. Elle est également responsable d’enseignements (de sociologie du handicap, de méthodes de recherche qualitative) et d’un séminaire de recherche à l’EHESS. Elle est l’un des co-rédacteurs en chef de la revue Alter, European Journal of Disability Research. Elle fait partie de plusieurs comités scientifiques (Handéo, ILVV, programme emploi de l’EHESP).