Les dynamiques de l’appropriation culturelle masculine : le cas des hommes en jupe

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Résumé
Si le port du pantalon pour les femmes est aujourd’hui une pratique vestimentaire
démocratisée, nous ne pouvons pas en dire autant du port de la jupe pour les hommes.
En effet, celui-ci apparait encore comme une pratique fortement liée aux femmes dans
les représentations traditionnelles genrées. Pourtant, certains hommes, pour des
raisons esthétiques, pratiques ou encore politiques, s’engagent dans cette pratique de
consommation, faisant face à de plus ou moins fortes difficultés dans leur démarche.
Grâce à une approche par les carrières de déviance, nous cherchons à comprendre
comment cette pratique vestimentaire est appropriée par les hommes dans un
contexte socio-culturel que nous estimons encore peu favorable à son développement.
Nous identifions des parcours différenciés d’appropriation du port de la jupe, tout en
mettant en avant les possibles obstacles communs que peuvent avoir à surmonter ces
consommateurs. Nous constatons ainsi que les carrières se construisent au travers de
la possibilité qu’ont les porteurs de résoudre les tensions inhérentes à la pratique
déviante, et que la poursuite de ces dernières implique l’élargissement des lieux
d’usage de la pratique, et donc sa mise en visibilité dans l’espace public. Nous
identifions ainsi 1) différents rôles et positions du public dans le maintien de
l’engagement dans la pratique et la construction de l’appropriation de la jupe par les
porteurs, et 2) nous constatons que ces derniers sont parfois en mesure d’intégrer le
port de la jupe à une proposition alternative d’une performance de la masculinité.
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A propos de Coralie Lallemand

Coralie Lallemand est doctorante en Sciences de Gestion au laboratoire de recherche du NIMEC et est rattachée en tant qu’ATER à l’IAE de Nancy. Sous la direction de Renaud Garcia-Bardidia et de Jean-Philippe Nau, ses recherches s’intéressent aux liens entre le genre et la consommation, et adoptent une approche sociologique de la consommation au regard des travaux ancrés dans le champ de la Consumer Culture Theory. Plus précisément, ses travaux se concentrent sur les masculinités et la manière dont ces dernières sont négociées aux travers de pratiques de consommation considérées comme féminines.